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Questions récurrentes

Le féminisme est-il encore nécessaire aujourd’hui ?

Oui.

… Comment ça ce n’est pas suffisant comme réponse ?

Non plus sérieusement et en ne prenant que des choses qui font consensus, les femmes sont encore victimes de nombreuses violences (en France on estime que 201 000 femmes sont victimes de violences conjugales, une femme meurt tous les deux jours et demi sous les coups de son (ex-)conjoint, 16% des femmes ont subi un viol ou une tentative…), d’inégalités par exemple sur le marché de l’emploi (salaires moindres, plafond de verre, spectre du « elle a couché pour avoir son poste »…) ou en politique (moins prises au sérieux, harcèlement sexuel des attachées parlementaires, des journalistes politique et des députées, stéréotypes à base de "l’autorité naturelle c’est un truc de bonhommes"…), ce sont encore nous qui nous coltinons 80% du travail domestique et éducatif, selon la bonne vieille division sphère domestique pour les femmes, sphère publique pour les hommes… La liste est si longue qu’il serait impossible de tout énumérer. Sans parler des stéréotypes qui nous façonnent dès la naissance, ou des droits que nous avons acquis et que nous devons surveiller pour ne pas les perdre.

Sources :

Les différences entre hommes et femmes ne sont-elles pas justifiées par La Nature ?

Il serait impossible (et idiot d’un point de vue logique) d’affirmer de façon absolue que les inégalités cognitives n’existent pas puisque prouver l’inexistence de quelque chose est impossible (l’absence de preuves n’étant pas la preuve de l’absence). Cependant, si ces différences existent, elles sont suffisamment faibles pour qu’après plus de 100 ans de recherches, aucun consensus scientifique n’ait émergé quant à leur simple existence.

Pour ce qui est des différences de force ou de stature, elles ont en effet pendant longtemps servi d’explication à l’organisation des sociétés. Mais depuis les travaux de l’anthropologue Paola Tabet, cette théorie est sérieusement remise en cause.

En effet, cette chercheuse italienne a, dans son texte Les mains, les outils, les armes (1979) proposé une toute autre explication : les rôles attribués à chacun des sexes ne sont en réalité aucunement une question de différence de force, mais sont répartis en fonction des outils nécessaires à la tâche. Les hommes monopolisent les outils et les armes (et même souvent les interdisent aux femmes) tandis que les femmes sont sciemment sous-équipées par ces derniers (par exemple chez les Yamara, les femmes ramassent des coquillages et pêchent presque sans outils, les pieds dans l’eau glacée du nord du Canada, tandis que les hommes se réservent les bateaux sophistiqués et les harpons).

Elle conclut son étude en disant que les hommes contrôlent la force armée, la production et ses progrès, la fabrication de l’intégralité des outils y compris ceux des femmes, et donc le travail de ces dernières. Elle en a déduit que dans les sociétés de chasseurs-cueilleurs étudiées, les hommes utilisaient les femmes comme corps productif, leur assignaient les tâches fatigantes, répétitives, qui leur prennent l’intégralité de leur temps.

Cette appropriation rend le travail intellectuel et politique et donc la révolte impossible. La différenciation sexuelle du travail n’organise pas la complémentarité des sexes, mais la domination de l’un par l’autre.

(Notez que si c’était une question de force on assisterait à une égalité dans la répartition au moins des outils, puisque ces derniers serviraient alors à compenser cette moindre puissance physique.)

D'ailleurs, supposons qu’un jour on découvre une différence naturelle, innée entre les hommes et les femmes. Pour prendre un cliché répandu (qui est totalement faux, précisons-le), disons qu’on s’aperçoive que ces dernières sont légèrement plus mauvaises en maths à cause d’une moins bonne représentation dans l’espace. Il existe deux manières d’y répondre :

On pourrait même, notre cerveau ayant pour première spécificité d’être plastique, mettre un peu plus l’accent sur l’apprentissage des maths chez les petites filles afin de combler cet « écart naturel ». Des différences entre les individus, il y en a des tas, et certaines peuvent être handicapantes ou au contraire positives, mais nous n’avons pas divisé notre société dessus. Alors, pourquoi l’a-t-on fait pour la forme des organes génitaux ?

Enfin, la division nature / culture nous semble de plus en plus abstraite et floue, en plus d’être culturelle puisque toutes les cultures ne la font pas. En effet, ce que l’on peut penser comme étant un pur produit de « la nature » ne l’est en réalité pas tant que ça.

Prenons les différences de tailles entre les hommes et les femmes, par exemple, paramètre pouvant sembler parfaitement naturel et immuable au premier abord. En effet, ces différences s’expliquent de plusieurs manières, et à plusieurs échelles. La taille, et la croissance de manière générale, sont des choses très multifactorielles. Si elles ont indubitablement une part génétique, ce n’est pas le seul facteur qui rentre en compte et ce facteur même est lié à la culture.

Il existe sans aucun doute de la sélection sexuelle chez l’humain sur ce plan : il semble bizarre à la plupart des gens d’être ou de voir un couple où la femme est plus grande que son conjoint.

En outre, certaines études semblent laisser penser que les femmes de petite taille étaient avantagées en raison de l’existence d’une compétition entre les sexes dans l’accès à la nourriture, et ce malgré le fait qu’un bassin plus petit augmente le risque de mourir lors de l’accouchement.

Enfin, à l’échelle individuelle certains facteurs influent sur la croissance : l’âge de l’entrée dans la puberté, l’alimentation, l’hygiène de vie ou encore la pratique du sport. Bref, même dans les données biologiques, tout n’est pas purement naturel et déconnecté du social.

Pour aller plus loin et sources :

Pourquoi le nom « féminisme » ? N’est-ce pas un nom sexiste ? Égalitarisme / Anti-sexisme / Humanisme ne serait-il pas un nom plus juste ?

A l’origine, le mot « féminisme » était une maladie désignant un homme à l’apparence ou au comportement considéré comme efféminé, puis a été utilisé en 1872 par Alexandre Dumas fils pour se moquer des partisans des droits des femmes et particulièrement des femmes dénonçant l’oppression du mariage et demandant le droit au divorce.

Le mot sera ensuite réapproprié par Hubertine Auclert dès 1882, qui lui donnera ainsi son sens actuel : celui d’un mouvement luttant pour les droits des femmes et l’égalité entre les sexes.

Si nous l’utilisons encore aujourd’hui, c’est pour plusieurs raisons :

Pour prendre un exemple volontairement très (voire trop) simple, si 5 personnes (dont deux femmes) sont potentiellement éligibles à un poste de dirigeant, mais que le grand patron pense (consciemment ou non) que le pouvoir ce n’est pas un truc de femmes… bah ça fait deux concurrentes en moins, et donc plus de chances pour un homme de bénéficier soi-même de la promotion.

Enfin, pour ce qui est du terme anti-sexisme, celui-ci est non seulement inutile, mais est en plus dangereux. Précisons.

Aujourd'hui, tout le monde ou presque se dit anti-sexiste, il n'y a guère que quelques épouvantails comme Zemmour pour affirmer frontalement que les femmes sont inférieures aux hommes. On se retrouve donc avec un mot qui fait consensus, puisque tout le monde est d'accord pour dire que le sexisme c'est pas bien, y compris d'ailleurs des gens que l’on peut sans crainte qualifier de sexistes.

Or, c'est un gros problème.

Car est-ce pour autant que l’on peut plier bagage et dire que la lutte est finie, puisque tout le monde est d’accord? Bien sûr que non. Ce consensus derrière le terme est en réalité extrêmement trompeur.

Dans Sociologie des mouvements sociaux, Erik Neveu nous apprend en effet que l’une des premières et principales caractéristiques d'un mouvement social, quel que soit sa nature, est la désignation d'un adversaire auquel il s’oppose. Ce peut être un gouvernement, un patron, une entreprise ou une collectivité locale par exemple.

Cependant, il constate qu'on assiste, et de plus en plus, à l’émergence de mouvements sociaux "sans ennemis" basés sur l’émotion et la compassion, comme par exemple les marches blanches après un meurtre particulièrement odieux, certains mouvements antiracistes (typiquement l’antiracisme d’état comme la LICRA ou SOS racisme), ou pour prendre un exemple plus iconique, les marches des 10 et 11 janvier 2015 après les attentats de Charlie Hebdo.

Alors vous allez peut-être dire « non mais c'est n'importe quoi, ces mouvements ont des adversaires : ici le meurtrier, les racistes et les terroristes ». Certes, mais ce sont des adversaires qui font consensus.

Sauf que dans le vrai monde de la réalité véritable, personne (à part deux trois illuminés/ épouvantails) n'est pour les meurtres sauvages de personnes innocentes, et personne n'est pour le racisme ou le terrorisme. Ce sont des opinions qui font l’unanimité, qui sont neutres et non clivantes ce qui, couplées à leur fort caractère émotionnel, ne permettent pas la mise en place d'une riposte, puisque cette dernière suppose de riposter à quelqu'un ou à quelque chose. On se contente d'exprimer son indignation puis on rentre chez soi.

Car, si tout le monde est anti-sexiste "en théorie", lorsqu'il s’agit de le mettre en pratique on en est bien loin. Peu de gens ont envie de remettre leur éducation, leurs croyances et leurs habitudes en cause et vont préférer voir en elles "de petits détails sans importance". D'autres encore vont croire que les changements de mentalités se font tous seuls et qu'il est donc inutile de lutter pour le changement social, qui finira par advenir de toute façon.

D'autres enfin vont penser qu'hommes et femmes sont "différents et complémentaires" et qu'en conséquence chacun doit avoir une place définie à l’avance dans la société en fonction de ses "habilités naturelles", et donc (pour eux) de son sexe.

Dans ces trois cas, on refuse de se qualifier de sexiste, mais on refuse également de lutter pour l’égalité. La plupart du temps on est même (au mieux) pour le statu quo et on protestera lorsque quelqu'un·e viendra remettre en cause nos petites habitudes ou nos schémas de pensée.

Cette illusion de consensus empêche la création d'un rapport de force (avec qui ? tout le monde est d’accord !) afin de faire aboutir les revendications : la lutte politique devient impossible. De temps en temps, et afin de faire perdurer l’impression d'engagement, on agitera sous le nez des "militant·e·s" un épouvantail à se mettre sous la dent, une personnalité obscure si exécrable que rares sont ceux qui oseront la défendre publiquement. On aura un petit déferlement médiatique dessus, puis chacun reviendra à sa petite vie d'avant en étant persuadé d'avoir été très utile.

Ce qui permet de soulever un autre problème : l’opposition uniquement morale ne permet qu’une vision individualiste, libérale de la lutte. Le problème ne serait pas un système oppressif à abolir, présent en chacun de nous et dans chaque pan de la société, de la philosophie à la pub en passant par la médecine et ton pote Jules et soutenu par les institutions (État, médias, police…), mais "des individus problématiques" dont on ne cherche pas à expliquer la genèse. On se contentera de réclamer (mais pas de revendiquer) l’application de la loi.

En bref, ces luttes sans adversaire comme « l’anti-sexisme » posent plusieurs problèmes :

Dans le cas du féminisme, la création factice des deux groupes foncièrement différents que seraient les sexistes et les non-sexistes permet de reprendre une différenciation qui existe véritablement dans le champ social : celle entre les blancs et les non-blancs, les premiers (qui sont vu comme la « norme », qui ont le pouvoir de nommer) étant perçu comme nécessairement moins sexistes que les seconds, dont on ne cessera de pointer le "machisme primaire" dans la plupart des médias dominants.

En clair, on accuse des groupes stigmatisés non seulement d’être plus sexistes que les autres, mais en plus d’être à l’origine de l’immense majorité (voire de la totalité pour certains) des violences envers les femmes.

Pourtant, si l’on prend le temps de se pencher dessus, les « gens normaux » (qui en réalité correspondent aux catégories dominantes dans la société) sont loin d'être en reste : les violences de genre sont uniformément réparties dans toutes les catégories sociales. Pour prendre un exemple plus concret, dans le cercle de l’union interallié, un club parisien où se côtoient hauts fonctionnaires, hommes d'affaires, PDG, diplomates et politiciens, les femmes n'ont toujours pas le droit de vote en 2016, sans que cela ne choque qui que ce soit.

Associée à l’impression de consensus prodigué par la vision majoritaire de la lutte contre les discriminations, elle permet de renforcer les deux points suivants :

Ne nous faites pas dire ce qu'on a pas dit : le terme "féminisme" n'est pas un rempart magique permettant de lutter à coup sûr contre la dépolitisation ou les récupérations racistes ou politiciennes. Mais disons que c'est un premier rempart, puisque sa simple acceptation demande un début de cheminement intellectuel, et qu’il est associé dans l’inconscient collectif à des actions publiques (manifestations, lobbying…).

Sources et approfondissements :

Vous voulez prendre la place des hommes / Vous haïssez les hommes ?

Évidemment, la réponse est non. Ceci dit cette affirmation reste intéressante, et encore plus lorsqu’elle est précédée ou suivie de l’idée que l’égalité est acquise. Si l’égalité est acquise, comment pourrions-nous prendre la « place » des hommes ? Pire encore, si nous la convoitions, cela voudrait dire qu’elle est plus enviable que la nôtre, sauf à faire preuve de stupidité.

Non, bien évidemment, ce que recherchent les féministes, c’est justement que ni femmes ni hommes n’aient de « place » attribuée dans la société. Que chacun puisse être et faire ce qui lui convient, à condition bien sûr que ça ne nuise pas à autrui.

Pour ce qui est de la haine… outre le fait que c'est une idée reçue qui nous colle à la peau depuis les suffragettes (comme celle énoncée précédemment d'ailleurs) et que c'est une grosse attaque personnelle bien sale pour mettre fin au débat sans avoir à réfléchir, là encore c'est faux. Ce que l’on combat, c'est le genre / le patriarcat et donc la domination des hommes sur les femmes, ainsi que les stéréotypes de genre qui collent à la peau de chaque individu.

Après, et c'est peut-être de là que viennent les accusations de misandrie, certaines féministes s’affirment méfiantes envers les hommes au sein de leur militantisme, car si l’on n'y prend pas garde on peut se mettre à reproduire le schéma "classique" de la société, et donc avoir un mouvement féministe (ou autre mouvement social incluant le féminisme) tournant autour et dominé par des hommes, ce qui serait un comble pour un mouvement censé libérer (aussi) les femmes.

Il peut également arriver que certaines féministes revendiquent rejeter le Care qui est normalement attribué aux femmes, car la sollicitude permanente et particulièrement à l’égard des hommes peut empêcher d'énoncer des choses qui pourraient être vexantes afin de "préserver" ces derniers, voire être un frein à la critique des comportements problématiques.

Toutes les femmes en couple avec un mec qui ne fait pas sa part de tâches ménagères le confirmeront : gueuler (et même pire : revendiquer de gueuler) sur une personne que l’on aime, même pour obtenir l’égalité, c'est difficile. Pour y arriver il peut être nécessaire de faire passer cet amour au second plan. Et une fois ce que l’on voulait obtenu il faut arriver à s’abstenir de féliciter, car la félicitation sous-tend l’idée que ce qui vient d'être fait est exceptionnel (alors que ce devrait être une norme). Par exemple, on n'imagine pas un prof féliciter ses élèves d'être arrivé à l’heure, alors pourquoi féliciter un homme qui est activement pour l’égalité femme/homme ? l’anormalité, ce devrait être de ne pas l’être.

Dit autrement, il s’agit, dans le cadre de son militantisme collectif ou individuel d'arrêter de materner les hommes comme on est socialisé à le faire afin de leur demander un véritable travail militant et intellectuel.

En clair, il s’agit d'une position de neutralité en attendant que la démonstration de bonne volonté soit faite et non de rejet et encore moins de haine. Mais cette position est si rare de la part des femmes dans notre société qu'elle est interprétée comme de l’hostilité, surtout couplée à la sororité et à la non-mixité (voire plus bas).

Pour aller plus loin :

Oui, mais quand même. Et les hommes alors ?

Cette question est en réalité double : quelle est la place des hommes cisgenres (personne de genre masculin dont l’expression de genre correspond globalement aux critères en vigueur attribué à l’homme, et j’insiste sur ce point) au sein d’une société patriarcale et qu’est-ce que cette place implique pour eux dans un premier temps, et dans un second quelle place ou plutôt quel rôle peuvent-ils jouer au sein de la lutte féministe.

On va commencer par le premier point, car il s’agit du plus simple et aussi du plus consensuel.

Nous vivons dans une société patriarcale. Ce qui veut dire que les hommes sont non seulement avantagés à de nombreux étages et notamment aux plus prestigieux / rémunérateurs et ce indépendamment de leur volonté, mais aussi qu’ils tirent bénéfice de cette domination notamment en extorquant du travail gratuit (le travail domestique et affectif notamment) à une autre catégorie de la population, dominée par eux (les femmes).

Aussi, et s’il est absurde de parler de « sexisme anti-hommes », de « sexisme inversé », ou « d’hommes victimes du patriarcat » (le sexisme et le patriarcat étant des systèmes oppressifs et non des comportements individuels, aussi problématiques soient-ils), cela ne veut pas dire pour autant que tout est rose dès l’instant où on se reconnait dans le genre qui nous a été assigné à la naissance, et ce parce que l’on est né avec un service trois pièces.

En effet, les hommes peuvent être discriminés sur d’autres facteurs : leur origine sociale plus ou moins modeste, leur orientation sexuelle, leur religion réelle ou supposée ou encore leur couleur de peau. Si la classe « homme » domine la classe « femme », la première n’échappe pas pour autant à une hiérarchie interne en haut de laquelle se trouve un idéal de virilité que ça soit d’un point de vue physique ou comportemental : blanc, riche, hétérosexuel, avec un corps sain et musclé (l’état du corps étant lié à la classe sociale), assuré, dominateur, conquérant tant socialement que sentimentalement et j’en passe…

Cette masculinité dominante, appelée masculinité hégémonique, peut évidemment être cause de souffrances chez les hommes qui ne veulent ou ne peuvent rentrer dans ce carcan rigide. Cependant, ceux qui acceptent de s’y plier acquièrent tout un tas d’avantages socialement très utiles : par exemple, le « ne pleure pas, t’es pas une fille » (et toutes ses variantes à base de n’exprime pas tes émotions de manière générale, à l’exception notable de la colère qui est tolérée voire valorisée) n’est que le revers de la médaille « les femmes sont trop émotives pour diriger / prendre des décisions rationnelles ».

Dit autrement : si cette injonction est source de souffrance, elle est aussi l’un des rouages justifiant la domination des hommes sur les femmes. On remarque au passage que la plupart des injonctions à la virilité sont en réalité des injonctions au rejet de tout ce qui est féminin, sous peine d’injures homophobes : soin du corps (sinon t’es une tapette), être trop démonstratif émotionellement (sinon t’es encore une tapette), faire des activités féminines comme la danse (sinon t’es toujours une tapette), être maniéré (… vous avez compris le principe)…

Lorsqu’elles ne sont pas homophobes, ces insultes peuvent attaquer une virilité vue comme pas assez accomplie ou un espace où la hiérarchie ne serait « pas dans le bon ordre » (c’est ta femme qui porte la culotte, et autres joyeusetés) voire carrément être accompagnées de violences, notamment dans le cas de (la suspicion de) l’homosexualité. Il peut ainsi être nécessaire pour certains hommes de cacher leurs activités « dissidentes », afin de ne pas se voir exclus du groupe, quand il n’est pas nécessaire d’y renoncer purement et simplement.

Bref, dire que les hommes sont avantagés sur les femmes n’est pas dire qu’ils tirent obligatoirement le ticket gagnant à la naissance ou qu’ils n’auront jamais à connaitre la moindre épreuve au cours de leur vie. Simplement, ces dernières sont liées soit à d’autres rapports oppressifs, soit liées aux coûts du rapport de domination qu’ils entretiennent avec les femmes.

Vient maintenant la question de la place des hommes au sein du mouvement féministe, pour laquelle il existe deux écoles :

(Avec, bien évidemment, tout un tas de positions intermédiaires.)

Dans un premier temps, on va essayer de résumer les raisons de (non-)engagement des hommes dans le militantisme, puis le rôle que ceux-ci ont ou devraient avoir au sein du mouvement, mais aussi les limites de ce dernier.

Les causes de l’engagement, tout d’abord :

L’engagement des hommes au sein des mouvements féministes dépend de plusieurs facteurs :

L’engagement des hommes dans le féminisme, forces et faiblesses

Cependant étudier les mécanismes de l’engagement n’est pas suffisant, il convient aussi de s’interroger sur les limites de ce dernier et donc également sur ses avantages. Tout comme il est nécessaire de se questionner sur le rôle que les hommes peuvent avoir au sein du militantisme.

La présence d’hommes peut nous être bénéfique, que ce soit de façon purement prosaïque ou parce que permettant une meilleure compréhension des rouages de la domination.

Il a cependant également certaines limites, auxquelles il convient de réfléchir si l’on souhaite ne pas voir se reproduire au sein même du féminisme des schémas genrés et/ou une domination masculine plus ou moins formelle.

L’inclusion des hommes présente un premier avantage évident : elle permet d’avoir plus de monde sur le terrain pour militer. Que ce soit en manifs, pour signer des pétitions ou pour quoi que ce soit d’autre, être plus nombreux permet d’augmenter la force de frappe et donc l’impact sur les preneurs de décisions et sur la presse. Elle permet également d’attirer cette dernière, plus encline à interroger le « hors-normes », et donc de se tourner vers les hommes que vers les femmes féministes.

Cependant, inclure les hommes ne doit pas être fait sans réflexions, et pour cela le cas de Osez le féminisme ! est assez parlant. L’association, qui se voulait à ses débuts entièrement mixte et y accordait beaucoup d’importance, a vite déchanté en se rendant compte qu’elle reproduisait en son sein de nombreux schémas de la domination masculine, à commencer par une répartition très inégale du temps de parole.De plus, ces réunions mixtes consacraient un temps plus que non négligeable (de Haas dit la moitié) à expliquer des choses basiques, comme le simple fait que la lutte soit encore nécessaire.

De nombreux constats de ce type ont été relayés au cours de l’histoire du féminisme, que ce soit chez les suffragettes (qui relevaient dans un congrès de 1908 «qu’il semblait très étonnant [aux hommes] que nous puissions ne pas être de leur avis») ou chez le Mouvement de Libération des Femmes (Christine Delphy raconte dans Nos amis et nous que, lors de leur première manifestation de 1971, les 2/3 des hommes tenaient absolument à être en tête de cortège, alors qu’on leur avait expressément demandé d’être derrière (ce qu’avait tout de même fait le tiers restant). Même les demandes visant à simplement les faire rentrer dans le rang sont restées sans effets).

Deuxièmement, le rapport de domination est une médaille à deux faces, qui n’existent pas l’une sans l’autre. Un groupe dominé ne peut exister que s’il existe un groupe dominant, et vice-versa. Et si l’empowerment est nécessaire, le disempowerment l’est aussi. Dit autrement, il faut que les hommes acceptent de perdre du pouvoir pour en laisser aux femmes, afin d’arriver à une égalité. Pour prendre un exemple tout bête, afin d’arriver à un équilibre dans le temps de parole pour un temps défini, il faut que les femmes parlent plus… mais également que les hommes parlent moins.

S’il est possible d’étudier les mécanismes (conscients ou non) par lesquels les hommes cherchent à maintenir leurs privilèges, il est difficile d’accéder à l’entièreté de la subjectivité d’un individu… sans être cet individu. Aussi, que des hommes acceptent d’étudier, sans se voiler la face, la manière dont ils se servent ou se sont servi de leurs privilèges est extrêmement important. Ainsi, les travaux des personnes comme John Stoltenberg ou Léo Thiers-Vidal sont particulièrement précieux.

Cependant, cette position est (malheureusement) assez rare. Comme dit plus haut, peu nombreux sont les hommes à accepter de s’engager dans le féminisme lorsque celui-ci leur rappelle leur position dominante dans une société patriarcale.

Ils sont malheureusement bien plus nombreux à nous dire quoi faire avec paternalisme ou à nous dire qu’ «ils sont pour l’égalité mais que vous vous trompez de combat / vous vous y prenez mal / que eux, savent ce qui est bon pour le féminisme», à chercher à se mettre en avant et, finalement, à reprendre le pouvoir qu’on les a socialisé à avoir.

Comme le fait remarquer de façon amère Christine Delphy dans Nos amis et nous toujours à propos de la manifestation évoquée plus haut :

« Il fallait que là encore ils [ces hommes qui s’étaient mis en tête de cortège malgré les directives] soient, comme d’habitude, au premier rang de ce qui se passait, quitte à mettre en échec l’objectif politique qu’ils approuvaient.

Où est alors la différence entre ces « amis » et nos ennemis déclarés, ceux qui nous traînent dans la boue et nous couvrent de ridicule ? C’est une différence de moyens et pas de fin, ou comme dirait Alzon, une « affaire de tactique », et non de stratégie. Les premiers nous attaquent de front et avouent franchement (« loyalement » ?) leur objectif : rester à leur place (et donc nous maintenir à la nôtre). Nos amis, eux, ont choisi d’essayer de garder leur place d’une façon plus subtile, mais aussi plus complète. Car les premiers sont exclus, de peu puisqu’il leur reste la société entière, mais au moins des rangs féministes, tandis que les seconds ne visent à rien moins qu’à maintenir leur pouvoir jusqu’à l’intérieur du petit bastion de résistance à ce pouvoir. »

Dans un genre un peu différent, on retrouve dans certains argumentaires une volonté de mettre le privilège masculin au service de la lutte, par exemple en prenant en compte le fait que la parole d’un homme est plus prise au sérieux que celle d’une femme (certains plateaux télévisés ont refusé des débats uniquement entre expertes, en disant que ça faisait « querelle de chiffonnières » pour prendre un exemple récent). Cependant, ne maintient-on pas ledit privilège en agissant de la sorte ? Ne serait-il pas plus intéressant que ces derniers accompagnent la parole des femmes, avec par exemple des formules du type « Je suis tout à fait d’accord avec ce que vient de dire Christelle » ou « Vous devriez écouter ce que dit Sophie, c’est super intéressant » ?

Après, nous pensons que le privilège masculin peut vraiment être utile dans un cas ; lorsqu’il s’agit de s’en servir pour lutter frontalement contre des paroles ou des pratiques toxiques, autrement dit soit en cassant la solidarité qui existe entre hommes (et qui peut s’exprimer par des pratiques comme le harcèlement groupé ou les blagues sexistes), soit en écoutant (pour mieux détruire derrière) des discours qui sont à la fois violents et dangereux, par exemple ceux légitimant ou excusant la violence envers les femmes. Ces discours étant toujours plus violents pour les concerné·e·s qui les subissent de plein fouet, leur épargner (s’ils ou elles en ont envie bien entendu) une écoute et une dénonciation pénible peut être plus que bienvenue.

Il est également nécessaire que les hommes pratiquent un lobbying intensif pour des questions qui les concernent directement, comme par exemple pour une contraception masculine efficace et peu chère ou pour l’existence de congés paternité.

Pour aller plus loin et sources :

Vous voulez faire disparaitre le sexe pour qu’on soit tous hermaphrodites / semblables !

Euh… Hein ? Quoi ?

Non plus sérieusement, et outre le fait que l’on ne voit pas comment l’on pourrait faire une telle chose, aucune féministe (même parmi les plus « extrêmes ») n’a jamais dit une telle chose.

Lorsque des féministes disent qu’elles veulent faire disparaitre les hommes et les femmes, elles en parlent comme catégories sociales. Comme groupes dont l’un est subordonné à l’autre. Un groupe dominé ne peut exister que s’il existe un groupe dominant, et c’est cela qu’il s’agit de faire disparaitre. Que la forme des organes génitaux n’ait pas plus d’importance dans l’organisation de la société que la taille (qui pourtant peut avantager dans certaines situations) ou la couleur des yeux. Et on pense que ça, loin de créer une indifférenciation, permettra au contraire de décupler le champ des possibles en ne limitant pas les goûts ou les possibilités à celles assignées à son sexe.

Et la théorie du genre alors ?

Ça a déjà été assez répété mais : LA théorie du genre, ça n’existe pas. Il s’agit d’une traduction plus qu’approximative de « gender studies » et de « gender theories », et d’un épouvantail assez grossier (mais très efficace pour qui ne se penche pas sur ces questions) regroupant en vrac le mariage et l’adoption pour les couples homosexuels, les modules d’état pour faire face aux inégalités filles/garçons à l’école, les cours d’éducation sexuelle au collège/lycée ou encore l’opposition à la PMA/GPA. À la rigueur il existe DES théories sur le genre, qui dépendent des disciplines, mais aussi des auteur·trice·s, des prismes d’analyses etc.

Par exemple, une matérialiste comme Delphy ou une théoricienne du mouvement Queer comme Butler vont non seulement avoir deux définitions du genre différentes sur certains points, mais aussi ne pas être d’accord sur les méthodes à appliquer pour accéder à l’égalité entre les individus.

De plus, on a tendance à penser que le terme sert de repoussoir fourre-tout, servant à entraver autant que possible la mise en place de mesures contre les inégalités que subissent les femmes ou les personnes LGBTQIA+ (Lesbiennes, Gay, Bis, Trans, Queer, Intersexes, Asexuels et autres personnes hors de norme hétéro-sexiste).

Ou pire encore (de leur point de vue), tout programme d’éducation pouvant laisser entendre que ne serait-ce qu’une partie des différences et/ou inégalités entre hommes et femmes puissent avoir une dimension culturelle. Alors lorsqu’en plus on questionne le caractère « naturel » de l’hétérosexualité comme norme ou des droits des transgenres…

Sources et pour aller plus loin:

Certains combats (disparition du mademoiselle des formulaires administratifs, modifications de l’orthographe etc.) ne sont-ils pas accessoires ? N’est-ce pas voir le mal partout ?

On va le dire tout net : oui. Oui, on voit le mal partout. Et pour cause : le mal EST partout. Et il se niche dans les détails.

Prenons plusieurs exemples pour illustrer, car il est difficile de répondre à cette affirmation de manière purement théorique :

Premier exemple : Le fait qu’un jouet pour petite fille soit rose / violet, couvert d’étoiles et de paillettes est-il sexiste ?

Dans un monde parfait, le rose, le violet et les étoiles à paillettes sont des choses neutres : on aime ou on n’aime pas, mais ce n’est qu’une affaire de goûts personnels. Malheureusement, nous ne sommes pas dans un monde parfait mais dans un monde sexiste (et raciste, et homophobe, et cissexiste, etc), et faire un jouet rose à paillettes n’est pas neutre du tout.

Déjà, le simple fait qu’il existe des jouets « pour filles » et « pour garçons » est un problème en soi. On pourra certes objecter qu’il ne s’agit là que d’une fourbe technique commerciale pour vendre d’avantage (une petite fille n’ayant pas envie de récupérer le vélo « pour garçon » avec motif spiderman de son frère, et encore pire dans le sens inverse), et ce serait parfaitement juste. Cependant, nous pensons que cela revient à ignorer une partie du problème.

En effet, tous les jeux ne sont pas produits en versions « pour fille » et « pour garçon », ou s’ils le sont c’est d’une manière très marginale, suffisamment pour être négligés quand il existe à côté des monstres industriels comme Mattel. Il n’existe à notre connaissance (et à la connaissance du site d’une grande marque de magasins de jouets que l’on ne citera pas) aucun poupon marqueté « pour garçon », pas plus que de kit de ménage, de tête à coiffer ou d’atelier à bijoux ou à vêtements, au mieux c’est catégorisé comme « mixte ».

De l’autre côté, il n’existe également que très peu de figurines d’action « pour fille » (nous n’en avons trouvé qu’un exemple mis sur le marché… en 2016), aucun kit de bricolage, aucun circuit de voiture électrique… de la même manière, au mieux c’est catégorisé comme « mixte ».

La raison à cela est assez simple : dans tous ces cas, il s’agit de rôles genrés traditionnels. Le soin d’autrui et de son apparence sont « des trucs de filles », les voitures et le bricolage « des trucs de gars ». Les jouets reflètent des pratiques sociales sexistes, les valident et les font perdurer via le rangement dans les rayons, mais aussi le design et le packaging. C’est un rouage parmi d’autres (on pourrait citer la publicité comme autre exemple) faisant perdurer l’idée que certaines activités sont destinées à un sexe, modèle qui sans remise en cause (par exemple via l’entourage ou l’école) sera reproduit sur ses propres enfants, selon le bon vieux modèle du serpent qui se mord la queue.

Détail qui a également son importance : les jeux catégorisés « pour filles » ont une palette de couleur bien moins large que les jeux « pour garçons », on tourne globalement autour du rose, du violet et des couleurs pastel. Ils peuvent aussi être plus simples voire simplistes (l’exemple le plus frappant de ça étant les légos « pour filles » et les jeux vidéos), et tournent globalement autour des mêmes thèmes : l’apparence (shopping / mode / maquillage / bijoux notamment via les arts créatifs), les princesses, le soin aux autres, le soin de la maison et les relations sociales en tant que telles (ou leur simulation).

Globalement, ce sont des jeux plutôt d’intérieur, incitant à la passivité (attente du prince charmant…). A l’inverse, les jeux pour garçons sont souvent dans l’action, encouragent l’inventivité, la compétition voire même l’agressivité, ils sont également plus tournés vers l’extérieur.

Bref, le souci n’est pas qu’un jeu soit rose à paillettes, le problème, c’est que les jouets soient genrés et que la grande majorité des jeux « pour filles » soient roses (même si on assiste à une remontée en flèche du bleu pastel avec le merchandising autour de la reine des neiges, avouons-le)… et même tout simplement que le rose soit associé au féminin, et le bleu au masculin (d’ailleurs, fun fact : il y a un siècle c’était l’inverse).

Deuxième exemple : les modifications de la grammaire et l’écriture inclusive.

Probablement un des exemples qui revient le plus souvent, d’autant plus qu’en France on est le genre de personnes à faire un mois de drame national pour des histoires d’accents circonflexes et de nénufar avec un « f ».

Déjà, il faut se demander ce qu’il s’agit de modifier, et qui tient globalement en trois points :

Mais pourquoi vouloir faire de telles modifications ? La réponse tient en deux points :

On pourrait aussi citer des sujets plus triviaux, comme l’absence ou la petitesse des poches dans les vêtements féminins (parce que oui il y a une explication en lien avec le sexisme), le fait que les meubles soient pensés selon la taille des hommes… sauf dans la cuisine, le marketing genré de manière générale qui semble être un puits de bêtise sans fond, de l’éponge de bain aux donuts (pardon, aux BRONUTS), en passant par les surligneurs et le Dr Pepper. Des choses qui semblent neutres à première vue, comme le réchauffement climatique, touchent en réalité plus les femmes, ou encore l’aménagement urbain, absolument pas pensé pour les femmes. On peut également penser au fait que l’immense majorité des « experts », à la télévision notamment, soient des hommes, au test de Bechdel qui n’est pas passé par deux films sur cinq… la liste est sans fin, dès lors que l’on prend le temps de gratter un peu la peinture et d’aller au-delà de son simple « bon sens ».

Pour aller plus loin et sources :

N’y-a-t-il pas des combats plus importants (faim dans le monde, fin du capitalisme, plus de frites à la cantine etc.)?

Un argument que nous trouvons extrêmement dangereux, puisqu’il revient à hiérarchiser les souffrances et où, dans la mesure où on trouve toujours « plus important » ou « plus grave », on se retrouve à ne plus rien faire du tout et à végéter dans son canapé en disant que le monde est naze.

Sauf que, attention révélation, il est possible d’agir sur plusieurs causes en même temps. Alors certes si vous vous occupez du féminisme à temps plein vous ne pourrez sans doute pas accorder la même attention au combat antiraciste ou à venir en aide aux personnes démunies. Mais cela ne vous empêche absolument pas de soutenir les militant·e·s, ou de donner un peu de sous à des associations caritatives. Car, et attention deuxième révélation, vous n’êtes pas seul·e. Des gens qui se battent pour de nobles causes voire qui y consacrent leur vie, il y en a plein. Et chacun peut s’occuper de ce qui le touche le plus ou lui tient le plus à cœur.

Au passage, mais ça c'est sans doute qu'on est mauvaise langue, on a tendance à remarquer que ceux qui disent ça sont justement ceux qui restent les fesses confortablement installées dans leur divan et qui rechignent à ne serait-ce que partager un lien.

Une cause vous touche plus que le combat féministe ? On ne vous blâmera jamais pour ça, surtout si vous agissez. En revanche il serait fort aimable de ne pas nous mettre de bâtons dans les roues, vu que nous n’en mettons pas dans les vôtres.

C’est pire ailleurs, ici en (pays quelconque) les choses vont (à peu près) bien/mieux, non ?

Cet argument est totalement vain. On trouve TOUJOURS pire ailleurs. Oui il existe des pays où on mutile les petites filles et les femmes. Oui il existe des pays où le viol conjugal n’est pas reconnu ou encore où les femmes n’ont pas le droit de faire du vélo. Et alors ? En quoi cela doit-il nous empêcher de lutter chez nous et en quoi cela serait-il incompatible avec le fait d’être solidaires à grand coup de manifs et/ou pétitions de soutien des militant·e·s sur place ?

Alors oui, la situation des femmes est sans doute meilleure dans le pays dans lequel vous vivez que dans d’autres régions du monde, mais ce n’est pas pour autant qu’il faut arrêter de se battre. Mieux encore, si la situation des femmes est relativement bonne dans certains pays, c’est parce que des militant·e·s féministes ont bataillé, parfois des décennies entières, pour obtenir des droits.

Nous avons obtenu de nombreux droits, c’est vrai. Mais ils peuvent (et certains le sont même régulièrement) être remis en cause. De plus, avoir des droits c’est bien joli, mais sans application il ne s’agit que d’encre sur du papier. Maintenant ces droits, que nous nous sommes battus pour avoir, nous devons les faire appliquer. Et c’est sans aucun doute le plus difficile.